Encourager la recherche sur la résistance aux antimicrobiens en Inde

Encourager la recherche sur la résistance aux antimicrobiens en Inde

Messages clésLa recherche sur la résistance aux antimicrobiens en Inde est axée sur le fardeau et les modes de résistance, mais la surveillance nationale fait défaut et développer des tests de diagnostic rapides. L’investissement dans la recherche et la surveillance nationale des pathogènes résistants doit être priorisé. L’Inde est l’un des plus grands consommateurs d’antibiotiques au monde.1 L’efficacité de plusieurs antibiotiques est menacée par l’émergence de pathogènes microbiens résistants. De multiples facteurs, tels qu’un lourd fardeau de la maladie, une infrastructure de santé publique médiocre, des revenus en hausse et des ventes non réglementées d’antibiotiques bon marché, ont amplifié la crise de la résistance aux antimicrobiens (RAM) en Inde.2

Le Plan d’action mondial sur la résistance aux antimicrobiens souligne la nécessité d’accroître les connaissances grâce à la surveillance et à la recherche.3 L’encadré 1 fournit des exemples de recherches mondiales sur la résistance aux antimicrobiens et son impact. La plupart des recherches sur la résistance aux antimicrobiens sont menées dans les pays développés. Cela comprend la recherche sur la biologie des pathogènes résistants, 11

12 mécanismes de la RAM, 13

14

15 sources naturelles de RAM, 16

17 développement de nouveaux antimicrobiens à partir de bactéries non cultivées, 18 l’expansion de la diversité chimique des antimicrobiens existants, 19 la réensibilisation des agents pathogènes résistants contre les antibiotiques disponibles20, et le développement d’agents non antibiotiques comme substituts.21Tableau 1 ​ Encadré 1 Effet potentiel de la recherche sur la résistance aux antimicrobiens (RAM) Encadré 1:   Exemples de l’impact de la recherche sur la résistance aux antimicrobiens et des interventions à l’échelle mondialeEn 2011, le ministère chinois de la Santé a lancé une campagne utilisation rationnelle des antibiotiques dans les soins de santé, accompagnée d’audits de supervision et d’inspections. Au cours d’une année, la prescription superflue d’antimicrobiens a été réduite de 10 à 12% pour les patients hospitalisés et pour les patients externes, tout comme les ventes de médicaments pour les antimicrobiens.4

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Le programme stratégique suédois de lutte contre la résistance aux antibiotiques (STRAMA) a entraîné une diminution de l’utilisation des antibiotiques pour les patients ambulatoires de 15,7 à 12,6 doses quotidiennes pour 1000 habitants et de 536 à 410 prescriptions pour 1000 habitants par an de 1995 à 20046. (65%) L’effet des politiques de l’OMS sur les médicaments essentiels a été étudié dans 55 pays. Ces politiques étaient liées à une réduction de l’utilisation des antibiotiques de 20% dans les infections des voies respiratoires supérieures. Une stratégie nationale pour contenir la résistance aux antibiotiques a été associée à une réduction de 30% de l’utilisation des antibiotiques dans les maladies diarrhéiques aiguës7

Un programme de gestion des antimicrobiens (2009-2014) dans 47 hôpitaux d’Afrique du Sud a entraîné une réduction des doses quotidiennes moyennes d’antibiotiques définies pour 100 jours-patients de 101,4 à 83,048

Aux États-Unis, les infections à Enterobacteriaceae résistantes aux carbapénèmes ont diminué après le lancement du programme de surveillance de la résistance aux antimicrobiens et du programme de recherche. En outre, il n’y a pas eu d’autres signalements d’éclosions causées par Acinetobacter spp9 résistant à la colistine.

Aux Pays-Bas, une diminution des gènes BLSE similaires à CTX-M-1-1 (de 44% à 25%) chez le bétail a été observée en 2010-14, possiblement liée à une réduction considérable (> 60%) des antibiotiques utilisation dans l’élevage10

Peu de recherches de ce type sont menées en Inde, ce qui reflète la situation de la recherche sur la résistance aux antimicrobiens en Asie du Sud-Est en général. Une stratégie clé du plan d’action national sur la RAM (PNA-RAM), lancée par le gouvernement de l’Inde en 2017, est de promouvoir l’investissement pour la recherche. Nous présentons un aperçu des recherches sur la résistance aux antimicrobiens en Inde. Nous proposons des stratégies pour faire avancer la recherche et convertir les données de recherche en politiques et actions au niveau local et national.