La méditation «change le cerveau»

La méditation «change le cerveau»

« La méditation est prouvée être le moyen serein de devenir plus intelligent », a rapporté le Daily Mail. Il a déclaré que les scientifiques ont découvert que même un court cours de méditation « renforce les connexions entre les régions du cerveau qui régulent nos réactions émotionnelles ».

L’étude en question a comparé les scintigraphies cérébrales de personnes ayant reçu 11 heures de séances de méditation sur une période d’un mois à celles de personnes ayant reçu des techniques de relaxation de base. Les personnes qui ont reçu des séances de méditation se sont avérées avoir plus de changements dans la matière blanche du cerveau dans une zone appelée la corona radiata.

L’étude était relativement petite (45 personnes) et ne comprenait que de jeunes adultes en bonne santé. Il n’a pas cherché à savoir si ces changements cérébraux étaient liés à des changements de comportement, d’intelligence ou d’émotions. Dans l’ensemble, cette étude peut nous aider à mieux comprendre les effets que la méditation peut avoir sur les cellules du cerveau, mais elle n’améliore pas notre compréhension des avantages pour la santé mentale.

D’où vient l’histoire?

L’étude a été réalisée par des chercheurs de l’Université de technologie de Dalian, en Chine, et d’autres centres de recherche aux États-Unis. Il a été financé par les Fondations James S. Bower et John Templeton, la Fondation Nationale des Sciences Naturelles de Chine, et le Programme de Recherche sur l’Abus de Médicaments-Intramural de l’Institut National. Il a été publié dans la revue à comité de lecture, Proceedings de l’Académie nationale des sciences des États-Unis (PNAS).

Bien que l’histoire du Daily Mail rapporte avec précision la recherche, l’étude ne prouve pas que la méditation pourrait nous aider à «devenir plus intelligents» comme suggéré dans leur titre.

De quel type de recherche s’aggissait-t-il?

Les chercheurs se sont intéressés aux effets de la méditation sur le cerveau. Dans cet essai contrôlé randomisé, ils ont comparé les effets d’une technique de méditation appelée formation intégrative du corps et de l’esprit (TMC) sur le cerveau aux effets de l’entraînement de relaxation de base. Ils disent que leurs travaux précédents ont suggéré que trois heures d’IBMT augmentent l’activité dans une région du cerveau appelée le cortex cingulaire antérieur (ACC), supposé être impliqué dans notre capacité à contrôler nos pensées, nos émotions et notre comportement (autorégulation).

Les chercheurs rapportent que de nombreux troubles de la santé et neurologiques ont été associés à des problèmes dans l’activité de l’ACC, et qu’une activité croissante dans ce domaine pourrait éventuellement aider à traiter ou prévenir ces troubles.

Dans cette étude, les chercheurs ont voulu voir si un court traitement de l’IBMT pouvait affecter les caractéristiques des cellules nerveuses dans le cerveau, en particulier dans la région ACC.

Une force de cette étude est que les participants ont été assignés au hasard au traitement qui leur a été donné, ce qui devrait assurer que les différences entre les groupes sont dues à la méditation ou la relaxation reçue plutôt qu’à toute autre chose.

Qu’est-ce que la recherche implique?

Les chercheurs ont recruté 45 étudiants volontaires de premier cycle en santé. Les volontaires ont été répartis aléatoirement pour recevoir 11 heures de formation à l’IBMT ou de relaxation. Les séances individuelles de formation ont duré 30 minutes et se sont déroulées sur un mois. Avant et après chaque séance, les chercheurs ont analysé le cerveau de chaque volontaire et évalué s’il y avait des changements dans la substance blanche ou dans la matière grise du cerveau rage. Ils ont ensuite examiné les différences entre les groupes.

L’IBMT impliquait la relaxation corporelle, l’imagerie mentale et la formation à la pleine conscience (conscience du corps actuel, de l’émotion et de l’état de l’esprit), et les séances étaient accompagnées de musique jouant en arrière-plan. La formation a été guidée par un coach IBMT et un CD audio avec des instructions enregistrées. L’entraînement de relaxation a impliqué la relaxation de différents groupes musculaires sur le corps guidés par un tuteur et un CD avec des instructions enregistrées.

La matière grise du cerveau contient le corps principal des cellules nerveuses et la substance blanche contient les longues protubérances des cellules nerveuses (appelées axones) qui établissent des connexions avec d’autres cellules nerveuses. Pour examiner la matière blanche du cerveau, les chercheurs ont utilisé une méthode appelée anisotropie fractionnaire. Cela peut indiquer des changements dans la couche de gras enroulée autour des axones qui les aident à envoyer des messages de manière efficace, ou des changements dans la façon dont la matière blanche est organisée.

Les chercheurs ont également examiné si le volume de matière grise a changé après l’entraînement.

Quels ont été les résultats de base?

Les personnes qui avaient reçu le traitement de courte durée de l’IBMT avaient plus de changements dans la substance blanche du cerveau dans une zone appelée «corona radiata gauche», comparativement à celles qui avaient reçu une formation de relaxation. La corona radiata relie le cortex cingulaire antérieur à d’autres parties du cerveau.

Aucun des deux groupes n’a montré de changements dans le volume de matière grise du cerveau.

Comment les chercheurs ont-ils interprété les résultats?

Les chercheurs concluent que « IBMT pourrait fournir un moyen d’améliorer l’autorégulation et peut-être réduire ou prévenir divers troubles mentaux ».

Conclusion

Cette recherche suggère que l’IBMT peut conduire à des changements dans le cerveau qui ne sont pas vus avec des changements de relaxation de base. Cependant, cette étude n’a pas examiné si ces changements structurels du cerveau étaient liés à des changements dans la fonction cérébrale ou le comportement d’une personne.

D’autres limites sont la taille relativement petite de l’étude, et que seuls les jeunes adultes en bonne santé y ont participé. Cela signifie que l’étude peut ne pas être représentative de personnes de différents groupes d’âge ou de personnes souffrant de maladies mentales.

Dans l’ensemble, cette étude pourrait nous aider à mieux comprendre les effets que la méditation peut avoir sur les cellules cérébrales, mais pas notre compréhension des avantages potentiels pour la santé.